LA TRAVERSÉE D’UN VOLCAN – TONGARIRO ALPINE CROSSING

April 10, 2015

Le réveil matin nous sort du lit (ou plutôt du van) avant le soleil. Nous nous empressons de déjeuner et de filer vers le parking du Tongariro Alpine Crossing à temps pour ne pas manquer la navette qui nous apportera au début de la rando. Sur une route qu’ils appellent la route du désert (il n’y a effectivement personne en vue), nous passons tout droit. Pierre-Anne au volant fait une manœuvre rapide pour se retourner sur le chemin principal afin de revenir sur nos pas. Nous repartons et je lui dis de se tasser sur la gauche. « Oui, réponds-t-elle sans changer de trajectoire, je sais que l’entrée est à gauche là-bas ! » Et moi de renchérir, « Non, Pierre-Anne, tasse toi sur la gauche, tu es dans la mauvaise voie ! ». Nous éclatons de rire. Oups. Eh, oui, en Nouvelle-Zélande on conduit à gauche. Ça fait peur et c’est stressant au début, puis on s’habitue assez rapidement, mais parfois, lorsqu’on réagit instinctivement, eh bien, se sont les réflexes nord américains qui s’expriment. Par exemple, il nous est arrivé quelques fois de laver le pare-brise au lieu de mettre le clignotant pour signaler que l’on souhaite tourner. C’est bien pour voir où on va, mais celui derrière nous lui reste dans l’ombre. Oh well.

 

Au parking, nous lançons de la nourriture et des vêtements dans nos sacs de rando en vitesse. Un chauffeur d’autobus s’arrête pour nous offrir le transport et nous prends au passage. Parfait on est un peu en retard et désorganisées. L’auriez vous deviner ?

 

Au départ de la rando, notre chauffeur autochtone prononce quelques paroles et un chant en Maori pour que nous fassions une bonne traversée et que nous arrivions saines et sauves de l’autre côté. Il prend une photo en rigolant « pour que les secours sachent qui chercher si vous ne redescendez pas ». Sinon, il croit aussi que nos sourires s’effaceront sous l’effort. Ha, on dirait un défi !

 

C’est parti. Nous prenons notre temps, admirant les paysages qui nous enveloppent, laissant passer devant nous les hordes de randonneurs bavards afin d’avoir plus de quiétude. Ce n’est pas une course après tout et le décor inspire au lâcher-prise et à l’admiration. Jusqu’aux couleurs des roches nous fascinent. Le sommet nous coupe le souffle, littéralement après la montée abrupte, mais aussi métaphoriquement. À la vue de l’horizon, du volcan et des lacs turquoise en contre-bas, on ouvre grand les yeux.  Après une courte descente dans de la poussière de roche, nous nous posons au bord d’un lac le temps d’une bouchée question de reprendre des forces. Craquelins, fromage, carottes et houmous. On se délecte.

 

Rassasiés, nous reprenons notre route juste au moment où un randonneur aventureux se jette à l’eau, croyant qu’au sommet d’un volcan l’eau y serait chaude, eh bien, non, elle est glaciale !

En le voyant, je ressers ma tuque en frissonnant, il n’aura pas chaud de sitôt ! C’est plutôt frais là haut, surtout que le ciel se couvre menaçant de déverser sur nous le contenu de ses nuages gris. Par chance, la pluie ne vient pas et le soleil refait surface.

 

De l’autre côté, nous suivons du regard le sentier qui descend en lacets jusqu’au pied de la montagne et nous nous réjouissons de ne pas avoir fait le trajet en sens inverse. Au flanc de la montagne, le coup d’œil est extraordinaire, mais le danger bien présent. Les nuages de fumée blanche qui s’échappent de la terre nous indiquent qu’il vaut mieux ne pas trainer trop longtemps dans le coin. D’ailleurs, le refuge construit dans le secteur est maintenant abandonné et en piteux état. La dernière éruption date de 2012. Une collation et on continue. Au bout d’un moment, nous arrivons dans la forêt, ça sent la fin, il était temps, la fatigue s’installe. Les kilomètres nous séparant de la voiture nous paraissent de plus en plus long. On rêve d’une douche et d’un bon verre de vin. Notre joie à la vue du parking et de notre cher Bendito n’a d’égal que la fierté d’avoir accompli cette longue randonnée et devinez quoi, non seulement avons nous encore le sourire, mais nous avons aussi assez d’énergie pour quelques pas de danse ! Comme l’a dit une bonne amie, « Des voyages comme ça, ça vous fouette la vie ! » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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